Que reste t il de nos produits quotidiens dans les eaux usées ? Toute utilisation de produits est systématiquement rejetés. Ingéré ou appliqué, chaque système et complexe actif pour chacune utilisation est dégradé et transféré sous forme de métabolites secondaires ou pas, présentant toujours un complexe actif, qui peut être alors plus ou moins toxique. Voici les conclusion du rapport sur les polluants et polluants émergents que l'on retrouve de manière quasi systématique dans nos eaux usées. Inquiétant !

 

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Ce rapport bibliographique réalisé à la demande du Ministère de l’Ecologie et du développement Durable avait pour objectif l’état des connaissances sur la nature des polluants émergents (substances pharmaceutiques, vétérinaires, substances organiques à effet perturbateur endocrinien) potentiellement présents dans l'environnement, leur origine et leur mode de transfert depuis les sols jusqu'aux eaux souterraines, sur les limites des traitements des stations d'épuration entraînant le rejet de ces substances dans les eaux, et sur l'état des connaissances européennes sur la présence et la persistance de ces substances dans les eaux.

 

brgm nappes phréatiques

 

La détection des polluants émergents étudiés dans ce rapport, composés pharmaceutiques, stérols, stéroïdes, résidus de tensioactifs, retardateurs de flamme (PBDE) et additifs d’essence, dans les effluents, eaux de surface, eaux souterraines et eaux potables montre la capacité des ces composés généralement stables et solubles dans l’eau à atteindre et contaminer l’environnement.

 

 

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Les composés pharmaceutiques, les stérols, les stéroïdes, et les résidus de tensioactifs ne sont pas entièrement éliminés par les stations d’épuration des eaux usées et sont présents en aval. Les effluents sont suspectés de présenter un risque important pour l’environnement, à cause de la présence des substances pharmaceutiques suivantes :

  1. antibiotiques (érythromycine),
  2. anti-inflammatoires (ibuprofène, naproxen, diclofenac, ketoprofen), 
  3. hypolipidémiants (acide clofibrique), 
  4. bêtabloquants (propanolol, metoprolol) et,
  5. antiépileptiques (carmabazépine). 

En revanche, le risque dû à la présence des stéroïdes dans les effluents est faible.

 

La particularité des composés pharmaceutiques, des stérols et stéroïdes est qu’ils n’ont pas besoin de persister dans l’environnement pour provoquer des effets négatifs car leurs vitesses de transformation/élimination peuvent être compensées par leur introduction continue dans l’environnement.

 

Les composés non éliminés par le traitement des eaux usées se retrouvent dans les eaux de surface. Le compartiment eau est contaminé par la présence des médicaments anti-inflammatoires et antiépileptiques. Le compartiment sédiment contient des antibiotiques, des bêtabloquants (propanolol), des PBDE et des produits de dégradation des alkylphénolpolyéthoxylates (surfactants non ioniques).

 

Dans les eaux souterraines les composés pharmaceutiques et le MTBE sont présents. Les composés pharmaceutiques sont retrouvés à des concentrations inférieures au μg/l, à cause de leur élimination incomplète par les stations d’épurations. La voie d’entrée du MTBE n’est pas clairement identifiée et semble due à une pollution accidentelle ou diffuse des zones urbaines.

 

 

Risque pour l'Homme

Le risque pour l’homme et l’environnement du à la présence de ces composés est plus ou moins défini à ce jour. La présence des PBDE et des produits de dégradation des BRGM/RP-54484-FR 

 

Composés perturbateurs endocriniens dans les eaux alkylphénolpolyéthoxylates dans le compartiment sédiment est très préoccupante puisqu’ils sont toxiques pour le milieu aquatique. En revanche pour les composés pharmaceutiques, les stérols et les stéroïdes, les conclusions diffèrent. Certaines études montrent que le risque supposé est très important pour le compartiment eau à cause de la présence des médicaments anti-inflammatoires et antiépileptiques tandis qu’il est moyen dans les sédiments à cause de la présence des antibiotiques et des bêtabloquants.

D’autres études sont plus modérées et indiquent que le risque est probablement faible.

 

Quoiqu’il en soit le seul fait de détecter ces composés dans les eaux potables alerte la communauté scientifique et les pouvoirs publics. En effet, on ne peut négliger la nécessité d’évaluer les risques à long terme d’une exposition prolongée à des traces de produits, notamment pour certaines populations à risques comme les enfants, les fœtus, et les personnes souffrant de déficiences enzymatiques.

 

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Source : BRGM - www.toutsurlenvironnement.fr - Illustration Roquette

Tag(s) : #environnement
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