Jour après jour, la situation ne s'améliore pas vraiment et les inquiétudes sont grandes à l'image des rapports successifs de l'Institud de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire français -l'IRSN-. Voici la publication ce jour du samedi 26 mars 2011 sur l'état des centrales nucléaires de Fukushima au Japon.

 

 

IRSN

 

 

             

             

Situation des installations nucléaires au Japon suite au séisme majeur survenu le 11 mars 2011

 

Point de situation du 26 mars 2011 à 10h00

 

Centrale de Fukushima I (Daiichi)

 

 

Depuis le précédent point d’information du 25 mars 2011 à 8h00 sur la situation de la centrale de

Fukushima Daiichi, les informations obtenues par le centre technique de crise de l’IRSN permettent

d’établir l’état suivant des installations.

A NOTER : sauf événement majeur, le prochain point de situation sera publié lundi 28 mars 2011.

Les réacteurs n°1, 2 et 3 restent dans un état particulièrement critique en l’absence de source de

refroidissement pérenne. L’exploitant TEPCO procède maintenant à des injections d’eau douce dans

les réacteurs n°1, 2 et 3 ; néanmoins, compte tenu de la présence massive de sel dans les

réacteurs, les risques d’altération du refroidissement du combustible demeurent. Les rejets

atmosphériques et liquides se poursuivent.

 

Réalimentations électriques

L’alimentation électrique est disponible sur tous les réacteurs.

Les salles de commande des réacteurs 1, 2 et 3 ont été réalimentées en électricité. Le caractère

opérationnel des matériels est toujours en cours de vérification. Les travaux ont été interrompus sur

le réacteur n°3 suite à la contamination de trois opérateurs.

 

État des bâtiments

Pas de nouvelles informations disponibles. La stabilité des structures de la piscine de désactivation

du réacteur n°3 pourrait être remise en cause en cas de forte explosion en partie basse du bâtiment

(scénarios en cours d’étude concernant une éventuelle progression de corium en fond de bâtiment).

Un dégagement permanent de fumée blanche est visible au dessus des bâtiments des réacteurs n°1,

2 et 4).

 

État des piscines

L’ensemble des piscines dispose actuellement d’un appoint en eau douce.

Ces appoints en eau se font via les tuyauteries du circuit de refroidissement et de purification des

piscines.

L’alimentation électrique de la piscine de désactivation commune du site a été rétablie le 24 mars.

Le refroidissement de l’eau de la piscine est désormais assuré par les moyens normaux.

 

État des réacteurs

L’IRSN reste fortement préoccupé par la situation actuelle des réacteurs n°1, 2 et 3 en raison

de l’absence de système pérenne capable d’évacuer la puissance résiduelle et des suspicions

d’endommagement des enceintes de confinement des réacteurs n°2 et 3. Par ailleurs, le

combustible du réacteur n°1 a été très fortement dégradé.

Depuis aujourd’hui, l’exploitant TEPCO procède à des injections d’eau douce dans la cuve des

réacteurs n°1, 2 et 3. Le risque de défaillance de certains matériels reste malgré tout toujours

présent compte de la forte irradiation, de la présence massive de sel dans les cuves et les

enceintes, et d’une façon générale des conditions d’ambiance fortement dégradées dans les

installations. Cette précarité devrait durer des semaines voire des mois compte tenu de la

difficulté à mettre en place des moyens stables d’évacuation de la puissance résiduelle.

L’IRSN examine des scénarios d’aggravation possible de la situation, notamment les scénarios

associés à une rupture de la cuve du réacteur n°3 ou des circuits qui lui sont connectés.

 

Réacteur n°1

L’exploitant injecte maintenant de l’eau douce dans la cuve à la place de l’eau de mer via le

système d’alimentation en eau. Le débit d’injection d’eau est ajusté afin d’assurer le

refroidissement du coeur. La pression mesurée dans l’enceinte de confinement s’est stabilisée. Il ne

devrait pas y avoir nécessité de dépressuriser cette enceinte à court terme. La salle de commande a

été réalimentée en électricité. De l’eau fortement contaminée a été découverte dans la salle des

machines ce qui a entrainé une interruption de travaux de vérification des matériels.

 

Réacteur n°2

L’exploitant injecte maintenant de l’eau douce dans la cuve à la place de l’eau de mer. Le débit

d’injection d’eau est ajusté afin d’assurer le refroidissement du coeur. L’enceinte de confinement

ne semble plus étanche compte tenu des indications de pression disponibles. La salle de commande

devrait être réalimentée en électricité ce jour. Les travaux de vérification des matériels se

poursuivent. De l’eau a été découverte dans la salle des machines.

 

Réacteur n°3

L’exploitant injecte maintenant de l’eau douce dans la cuve à la place de l’eau de mer. Le débit

d’injection d’eau est ajusté afin d’assurer le refroidissement du coeur. L’enceinte de confinement

ne semble plus étanche selon les indications de pression ; cette perte d’étanchéité serait à l’origine

de rejets radioactifs « continus » non filtrés dans l’environnement.

Les dégagements de fumées constatés le 23 mars se sont arrêtés. L’IRSN poursuit ses investigations

sur les causes potentielles de défaillance du confinement du réacteur n°3. Une des hypothèses

examinée par l’IRSN concerne l’éventualité d’une rupture de la cuve du réacteur suivie d’une

interaction entre le corium (mélange de combustible et de métaux fondus) et le béton au fond de

l’enceinte de confinement. L’impact en termes de rejet dans l’environnement est en cours

d’examen.

La salle de commande a été réalimentée en électricité. Des travaux de vérification des matériels

ont été interrompus du fait de la présence d’eau fortement contaminée dans la salle des machines.

 

Réacteur n°4

Le coeur de ce réacteur ne contient pas de combustible. De l’eau a été découverte dans la salle des

machines.

 

Réacteurs n°5 et 6

Les réacteurs sont correctement refroidis (coeur et assemblages en piscine de désactivation).

 

Centrale de Fukushima II (Daini)

Réacteurs n° 1, 2, 3, 4

Sur ce site, les réacteurs n° 1, 2, 3 et 4 ont atteint les conditions d’arrêt normales (appelées « arrêt

à froid »). Aucune dégradation du combustible n’a eu lieu sur ces réacteurs.

 

Centrales d’Onagawa et de Tokai

Il n’y a pas d’élément particulier à signaler.

 

 

 

Source : IRSN et lien direct : http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Documents/IRSN_Seisme-Japon_Point-situation-26032011-10h.pdf

Tag(s) : #environnement
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