Et pourtant, il faudra bien que l’orchestre
s’entende pour jouer cette marche funèbre. Dans la dignité. Et avec le moins de fausses notes possibles. Car c’est dès lundi matin, avec la reprise de la cotation de l’action Dexia,
que le sérieux et la crédibilité des décisions prises passeront le test des marchés.
Le pire des scénarios serait l’absence de tout accord. Mais avec deux Etats et un bataillon de banques d’affaires à la manœuvre, une
telle issue serait impardonnable.
Le conseil d'administration de Dexia (cliquez sur le tableau pour l'agrandir)
Sans entrer dans les détails (pour cela, je vous recommande de lire attentivement L’Echo de ce week-end), voici
un petit panorama des enjeux et des forces en présence.
-->Du
côté de la France (qui détient 23,3% de Dexia directement et via la CDC), le sort du Crédit Local (l’entité qui a fusionné avec le Crédit Communal de Belgique dans le milieu des
années 90 pour donner naissance à Dexia) semble tout tracé. Il va s’adosser à la CDC et à la Banque postale. Pour comprendre la position de la France dans cette affaire, il faut garder à
l’esprit deux éléments : elle
veut garder à tout prix son rating AAA et les élections présidentielles pointent leur nez.
LA FRANCE RECAPITALISERAIT LES 5 PRINCIPALES BANQUES FRANAISES (lien)
-->Du
côté des actionnaires privés, il faut faire la distinction entre ceux qui ont leur mot à dire (Holding Communal 14,1%, Arco 13,8%, Ethias (5%) et les autres (institutionnels, petits
porteurs,….) Déjà très mal en point, le Holding
Communal joue sa survie. Il aimerait, comme d’autres, conserver une banque belge pour le financement des collectivités locales. Arco, bras financier du Mouvement ouvrier
chrétien, qui représente 700.00 coopérateurs est sur la même longueur d’ondes. Enfin, les petits porteurs qui n’espèrent plus grand-chose pourraient se consoler, dans un premier
temps, en voyant le titre revenir à son niveau du début du mois.
-->Du
côté de la Belgique, comme d’habitude, rien n’est simple. L’Etat
belge (5,7%) est favorable à une privatisation de Dexia Banque Belgique. L’indemnisation des actionnaires pourrait, par exemple, intervenir via la nouvelle loi de cession
forcée. La nationalisation serait une étape intermédiaire avant de vendre la banque ou de faire entrer d'autres actionnaires. Fort du soutien du Holding Communal et d’Arco, les trois
Régions (5,73%) ont proposé de sortir la banque du groupe, via un « spin-off ». Toute la journée de vendredi, Etat et Régions ont négocié. Il est capital qu’ils se présentent
unis ce week-end face aux administrateurs français.
-->Reste à résoudre le nœud du problème : les
100 à 125 milliards d’euros d’actifs toxiques. Selon toute vraisemblance, ils seront parqués dans une structure de défaisance (bad bank) avec la garanties des Etats. Qui seront
les actionnaires de cette structure (susceptible de générer des bénéfices, ne l’oublions pas) et quelle sera la clé de répartition des garanties entre la France et la Belgique? Réponse à la
fin du week-end…
Après la lecture de ce qui précède vous ressentez comme un début de migraine ? Normal….
Ce qui va se jouer ce week-end, me fait penser un peu au
jeu d’échec à trois que le docteur Sheldon Cooper a mis au point dans un des épisodes de la série humoristique The Big Bang Theory. En voici un extrait (cliquez sur l'image) .
Et bon week-end quand même à vous tous.
Source : L'Echo
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